C.E : Définition et rôle du comité d’entreprise

Le comité d’entreprise (C.E.) est une institution représentative du personnel mise en place en

1945 et rendue obligatoire dans toutes les entreprises de plus de 50 salariés (dans le cas où

l’effectif est inférieur à 50, les attributions du C.E. sont exercées par les délégués du

personnel).

Le C.E. intervient dans la mise en place d’œuvres sociales et culturelles dans l’entreprise. Il

participe également à la gestion de son activité économique, dans les conditions décrétées

par le conseil d’Etat. Mais quel que soit le champ d’action sur lequel il intervient, son but est

toujours d’agir au profit des salariés et de leur famille, ainsi que des anciens salariés.

 

La composition du comité d’entreprise

Le comité d’entreprise est principalement composé de trois organes.

 

Le chef de l’entreprise

 

Il entre en jeu dans la composition du C.E. Il détient un droit de vote sur toutes les décisions

ayant trait à l’organisation du comité d’entreprise, comme par exemple l’élection du secrétaire

du C.E. En revanche, s’il consulte les membres du C.E. en tant que délégué du personnel,

quand le C.E. est consulté dans le cadre de son activité économique, sa voix ne rentre alors

pas en ligne de compte. Il ne peut également pas voter sur des sujets relatifs à la gestion de

la vie sociale et culturelle de l’entreprise. S’il le désire, il peut s’entourer de 2 collaborateurs,

mais ces derniers n’auront aucun droit de vote.

 

La délégation élue, dont le nombre varie en fonction du nombre de salariés

Quelques palliers du rapport salariés/nombre de délégués :

  • Pour un effectif entre 50 et 74 salariés : 3 titulaires et 3 suppléants
  • Pour un effectif entre 75 et 99 salariés : 4 titulaires et 4 suppléants
  • Pour un effectif entre 100 et 399 salariés : 5 titulaires et 5 suppléants
Ces représentants sont le fondement même du C.E. et disposent d’un droit de vote quel que

soit le sujet abordé. Les suppléants sont autorisés à assister au vote mais ne peuvent y

participer si leur titulaire est présent.

 

Les représentants de syndicats

 

Chaque syndicat peut également désigner un représentant au C.E. Les représentants de

syndicats n’ont cependant pas de droit de vote.

Les délégués élus ainsi que les représentants de syndicats bénéficient d’une protection dans

le cas d’un licenciement. Le chef d’entreprise ne peut engager de procédure de licenciement

contre eux sans avoir préalablement obtenu l’autorisation de l’inspecteur du travail.

 

L’organisation du comité d’entreprise

Le bureau du comité d’entreprise se compose donc de son président (le chef de l’entreprise),

d’un trésorier désigné, et du secrétaire élu par la délégation.

Pour assurer un fonctionnement cohérent et juste, le comité d’entreprise doit adopter un

règlement intérieur. C’est au C.E. de décider des diverses dispositions mises en place par ce

règlement, en  restant bien sûr dans le respect des textes de loi. Déterminant un certain

nombre de points importants (comme la façon de communiquer les procès verbaux etc..) et

gérant l’organisation matérielle de l’entreprise, il doit être voté à la majorité des représentants

élus.

Le comité d’entreprise dans son ensemble se réunit entre 1 et 2 fois par mois (2 fois pour un

effectif supérieur à 150 salariés), durant les heures de travail. L’ordre du jour est fixé par le

secrétaire en accord avec le chef d’entreprise, et doit être communiqué aux autres membres

3 jours avant la réunion.

Pour qu’il puisse travailler dans de bonnes conditions, l’employeur doit donner un local

aménagé au comité d’entreprise, suffisamment grand pour que ses membres puissent s’y

réunir. Le C.E. bénéficie également d’une subvention devant s’élever au minimum à 0,2%

de la masse salariale brute, lui permettant de financer ses activités économiques, c'est le 

budget de fonctionnement du comité d'entreprise. Par ailleurs, si le comité d’entreprise doit

avoir recours à des experts, c’est à l’employeur de les rémunérer.

 

Le rôle du comité d’entreprise

Attributions économiques

Le comité d’entreprise dispose d’un droit d’information et de consultation sur tout ce qui

concerne des actions économiques importantes, comme des questions relatives à

l’organisation et à la gestion générale de l’entreprise. Lorsqu’il prend des décisions

conséquentes, l’employeur doit en informer le C.E. par écrit suffisamment à l’avance pour

qu’il puisse débattre sur la question et donner son avis lors de la consultation. Les délibérations

du C.E. doivent être consignées par écrit par le secrétaire. Le C.E. doit également être

consulté pour tout licenciement collectif à motif économique, pour toute modification du

règlement intérieur, et pour tout ce qui a trait à la  gestion prévisionnelle de l’emploi et des

compétences. Les membres du comité d’entreprise peuvent pour certaines occasions

désigner un expert-comptable (rémunéré par l’employeur) comme pour l’examen des

documents comptables transmis au C.E.

Dans le cadre de sa mission, l’expert a le droit d’effectuer une enquête dans tous les

documents d’ordre économique, financier et social de l’entreprise.

 

Rôle social et culturel

 

Cet aspect de l’entreprise est exclusivement géré par le C.E. Servant de guide, le code du

travail (art R.2323-20) établit une liste (non exhaustive) d’activités pouvant être qualifiées

d’activités sociales et culturelles. Le C.E. a donc à charge les activités pour le bien-être des

employés aussi  bien en interne qu’en externe, la gestion des institutions sociales de

prévoyance, de retraite et de mutuelle. Il régit pareillement tout ce qui a trait aux services

sociaux, ainsi que le service santé au travail, mais aussi les activités de loisirs et sportives.

 Dans ce domaine le C.E. est le seul maître à bord, c’est lui qui contrôle et gère les activités

sociales et culturelles selon ses propres décisions. Pour financer cela, une contribution

financière doit être versée par l’employeur, dont le montant minimum est fixé par la loi.

Cette contribution est également calculée en fonction de la masse salariale brute. Une fois

le budget fixé, l’employeur ne peut plus décider de le rabaisser à un montant inférieur.

 

Source : http://www.comitedentreprise.info/